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Prévention et traitement de l’escarre à domicile

L’escarre est le plus souvent définie comme une plaie consécutive à une hypoxie tissulaire provoquée par une pression excessive et prolongée, la plupart du temps entre un plan dur et une saillie osseuse.

L’escarre est une pathologie notamment fréquente chez le sujet âgé. Elle altère la qualité de vie, peut provoquer une gêne douloureuse accompagnée d’une souffrance morale et physique et une limitation des capacités fonctionnelles. Sur le plan financier, l’escarre a des implications importantes.

Dépistage du risque et prévention doivent donc être systématiquement entrepris, bien sûr auprès des séniors et surtout des personnes âgées dépendantes encore à leur domicile.

La prévention est basée sur la correction des facteurs de risque et la levée des pressions. En cas d’escarre constituée le traitement, outre l’application des mesures préventives, se basera sur le débridement de la plaie et une cicatrisation dirigée en milieu humide.

Les facteurs de risque sont essentiels à connaître car leur maîtrise est à la base tant de la prévention que du traitement. Ils sont à classer en deux grandes catégories : Les facteurs extrinsèques et les intrinsèques.

La pression, le cisaillement, la macération -qui est un cofacteur souvent présent lors d’incontinence et de port de couches, rendant la peau plus fragile et sensible aux agressions- mais aussi le frottement -autre cofacteur qui représente l’abrasion directe de la peau soit sur le plan du lit, soit sur une protection d’incontinence- sont les facteurs de risque extrinsèques.

L’immobilisation prolongée, l’altération de l’état de conscience, l’âge, la dénutrition ou encore la déshydratation comptent parmi les principaux facteurs intrinsèques.

Au lit, la levée des pressions sera atteinte de différentes façons dont le changement de position régulier (toutes les deux heures pour les hauts risques, toutes les quatre heures pour les risques moyens). L’utilisation de matelas et de cales de positionnement anti-escarres est ici particulièrement indiquée.

Au fauteuil et en complément d’un coussin anti-escarre adapté, on veillera à ce que la surface d’assise soit suffisamment longue pour soutenir toute la cuisse et non pas seulement les ischions. Les cale-pieds devront, eux, être réglés de façon neutre afin de ne pas transférer de poids au niveau ischiatique, situation qui se retrouve lorsque les cale-pieds sont réglés trop haut.

Le cisaillement sera diminué par des mesures et des équipements de positionnement empêchant le glissement du patient que ce soit au lit ou en position assise.

Afin de combattre la macération, il conviendra de changer le patient aussi souvent que possible, de limiter ses fuites urinaires et fécales.

Fréquente chez le sujet âgé, la dénutrition représente un facteur de risque de développement d’escarres. Les patients porteurs d’escarre sont plus souvent et plus sévèrement dénutris que les patients sans plaie. Parmi les facteurs alimentaires, la ration protéique semble déterminante. Un Indice de Masse Corporelle bas, une albuminémie basse, une perte de poids sont associés à une augmentation du risque d’escarre. La mise en oeuvre d’une complémentation nutritionnelle orale aura donc une importance significative dans la prévention et la prise en charge de l’escarre.

A domicile le traitement de l’escarre constituée revient, en premier lieu, à procéder au débridement des tissus dévitalisés. Ce geste permettra l’accélération de la cicatrisation et également la diminution du contingent bactérien présent. Il sera autolytique en appliquant un pansement humide et en laissant le corps procéder lui-même à une élimination de la nécrose et de la fibrine ou mécanique par frottement ou grattage par l’infirmier(e) libéral(e) .

En second lieu il conviendra de réguler l’humidité de la plaie, donc de maintenir le “juste milieu” humide, et ce à tout moment du processus de cicatrisation.

En effet, si l’on veut favoriser les mécanismes de réparation naturels – c’est la cicatrisation dirigée- il est très important que la plaie ne soit pas desséchée. De même, en cas d’exsudation importante, on veillera à ce que celle-ci soit absorbée afin de diminuer les phénomènes de macération et de limiter le contact des molécules inflammatoires de la plaie.

Ici, le choix et l’utilisation de pansements techniques s’avère donc primordial. Ceux-ci devront être adaptés à la plaie et à la phase de cicatrisation, ils seront choisis pour maintenir le meilleur niveau d’humidité possible tout en évitant la macération du pourtour sain.

Principalement liée à une pression excessive et au cisaillement des tissus mous, l’escarre est une plaie de survenue rapide qui nécessite une réaction immédiate.

La prévention passe par une réduction des pressions des zones à risque et, notamment, par une stratégie de complémentation nutritionnelle adaptée.
Le traitement, en fonction du stade, ajoutera au débridement la pose de pansements techniques permettant de garder un milieu humide optimal, favorisant le processus de réparation tissulaire naturel.

A l’évidence, seule une approche globale du patient assortie d’une stratégie multi-produits permettra une prise en charge optimale de l’escarre.

 

sources :  https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0755498208000687a

https://www.revmed.ch/RMS/2012/RMS-364/Personne-agee-et-escarres-prevention-et-traitement

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